Pierre-Alain Chambaz

Il est bien sûr plus prudent pour une entreprise française ou européenne, à l’instar du petit gadget, d’héberger ses données et applications en France et en Europe plutôt que dans un data-farm US, mais ce n’est pas tout, loin s’en faut. Si la Grèce ne parvenait pas à trouver des ressources propres suffisantes pour amorcer la pompe du dispositif, en d’autres termes si son excédent budgétaire restait limité ou si l’épargne nationale mobilisable était insuffisante, elle pourrait faire appel à de nouveaux investissements directs entrants à condition que ceux-ci s’inscrivent dans la perspective du programme de développement qu’elle aurait défini. Oui, plus encore que par inconscience ou par cabotinage. Le problème, c’est lorsqu’on se penche sur la politique économique, il ne reste plus beaucoup de place pour la science. C’est d’ailleurs à ce moment là qu’il a créé une direction de la législation fiscale pour disposer de toute l’expertise fiscale nécessaire. C’est sans doute une thèse de pure psychologie que celle-ci : le souvenir est une perception affaiblie. Faut-il s’étonner si la philosophie a d’abord reculé devant un pareil effort ? Le rapprochement des positions des deux parties sur les questions les plus sensibles devrait aussi conférer une nouvelle dynamique à ce partenariat privilégié. Exemple avec l’euro qui facilite d’abord les échanges au sein de l’Union. Alors, si aucune représentation antagoniste ne neutralise l’effet de la première, d’eux-mêmes les mouvements appropriés viennent remplir le schéma, aspirés, en quelque sorte, par le vide de ses interstices. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « Quand la pierre tombe sur l’oeuf, pauvre oeuf. Quand l’oeuf tombe sur la pierre, pauvre oeuf ». En ce sens, dans le grand jeu de piste que sont les politiques commerciales, le protectionnisme est une impasse pavée d’intentions qui n’ont même pas l’excuse de la bonté. Ne devrions-nous pas nous attendre à trouver, entre sa durée et celle des choses, une telle différence de tension que d’innombrables instants du monde matériel pussent tenir dans un instant unique de la vie consciente, de sorte que l’action voulue, accomplie par la conscience en un de ses moments, pût se répartir sur un nombre énorme de moments de la matière et sommer ainsi en elle les indéterminations quasi infinitésimales que chacun d’eux comporte ? L’uniformisation des méthodes entre pays a permis de renforcer la comparabilité des données ; Les techniques de partage entre prix et volumes se sont également améliorées (indices de prix chaînés, prix hédoniques etc.) ; Le capital immatériel est également mieux appréhendé avec la prise en compte des droits de propriété, des logiciels, de la R&D etc. En fait, ce débat est présent dès la naissance de la philosophie. Nous y consacrerons les deux chapitres suivants. On rapporte que le grand géomètre Jean Bernoulli, chagrin de voir que son contemporain Varignon semblait vouloir s’approprier ses découvertes, sous prétexte d’y mettre une généralité que l’auteur avait négligée, et qui n’exigeait pas grands frais d’invention, disait malignement, en terminant un nouveau mémoire : « Varignon nous généralisera cela. Il ne peut y avoir de transparence là où les données ouvertes se rapportent directement ou indirectement à une personne physique qui aurait refusé son consentement à leur publication ou invoqué son droit à l’oubli, en vertu de la loi « Informatique & Libertés ». Et il ne se résout pas à des manifestations de rue destinée à défendre nos principes républicains, fussent-elles immenses et ferventes. Les taux d’intérêt très bas, voire nuls ou même négatifs, sont tout bonnement la conséquence de la très efficiente productivité du capital. La gravitation, l’élasticité des gaz, la puissance des vents, les lois de l’équilibre, la vie végétale, la vie animale, ce sont autant de forces que nous apprenons à faire tourner à notre avantage. Disons de la sensibilité ce que nous avons dit de la mémoire. Ce chiffre est la somme des 100 000 personnes sans domicile, des 150 000 personnes hébergées dans le cadre de dispositifs collectifs, des 150 000 à 300 000 personnes contraintes à un hébergement chez des proches, et enfin des 300 000 personnes vivant dans des conditions atypiques. Pourtant, même si l’Europe ne se trouve plus au coeur des grands enjeux stratégiques mondiaux, elle n’est pas à l’abri du danger. Elle demeure à l’état d’entité mystérieuse. La substituabilité s’apprécie au regard de plusieurs facteurs, et ce compris, le prix, la nature et la localisation des services.

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