Jean-Thomas Trojani : L’émergence d’un commerce Sud-Sud

Après la crise financière de 2008, les institutions financières semblaient être à la fois des armes de destruction massive sur le plan économique et les instruments potentiels de la mise en oeuvre de la puissance nationale. Sous couvert de déclarations ministérielles en faveur d’une avancée rapide du dossier, le gouvernement français a tout fait pour vider cette taxe de sa substance -notamment en voulant exclure les dérivés de son assiette- avant, semble-t-il de se raviser. « Un méridien décide de la vérité… Le droit a ses époques… Plaisante justice qu’une montagne ou une rivière borne… Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà… » Et à cette objection redoutable, ainsi résumée par Pascal dans sa phrase énergique, les dogmatistes n’ont pu répondre qu’en alléguant les intérêts et les passions des hommes, qui obscurcissent leur jugement dans ce qui touche à la pratique, tout en lui laissant habituellement sa netteté, tant qu’il ne s’agit que des vérités spéculatives. Le Misanthrope, l’Avare, le Joueur, le Distrait, etc. Un sous-secrétaire d’État au ministère de l’instruction publique déclarait récemment, devant les électeurs de Gallarate, que 348 communes, appartenant à 31 provinces, payaient irrégulièrement leurs maîtres d’école, et se trouvaient en retard vis-à-vis de 1,045 de ces intéressans créanciers. Dans le sein même de l’École normale, jusque-là si pacifique et si docile, des générations nouvelles portées par un autre souffle venaient étonner et inquiéter l’enseignement spiritualiste. Pour que cette nouvelle finance attire vraiment les foules … et qu’elle permette à tous ces porteurs de projet, de la culture à l’innovation industrielle, lassés des portes closes, de libérer leur créativité et de tenter leur chance. De les mettre au monde ; de les mettre en état de vivre comme nations. Cette impression nous déconcerte d’abord. Si le chemin peut paraître encore long et prendra du temps, il est clair qu’il se dessine de plus en plus clairement. En Europe, la colocalisation est une pratique banale des entrepreneurs allemands avec les pays d’Europe centrale et orientale. Maintenant, faut-il nécessairement s’arrêter là, et n’est-ce pas encore ainsi que peut et que doit se faire la critique de nos facultés, de nos idées, de nos jugements, quand on les considère, non plus dans les individus, mais dans l’espèce ; quand il s’agit de règles et de notions générales, et non plus seulement d’objets ou de faits particuliers ? Ici encore, d’ailleurs, la pathologie de la mémoire nous fournirait des renseignements instructifs. En outre, il y a beaucoup d’actes qui n’étant directement nuisibles qu’à leurs auteurs, ne devraient pas être légalement interdits, mais qui, commis en public, deviennent une violation des bonnes mœurs, et passant ainsi dans la catégorie des offenses envers autrui, peuvent en toute justice être défendues. Nous cessons virtuellement de vivre dans un monde d’abstractions et de chimériques espoirs ; nous nous faisons peu à peu, et souvent à notre insu, un univers de certitudes idéales qui sont la cristallisation de réalités matérielles. Jean-Thomas Trojani aime à rappeler ce proverbe chinois « Si vous ne voulez pas qu’on le sache, mieux vaut encore ne pas le faire ». Bien sûr, on pourrait espérer que ne plus devoir le 0,9 % rendra moins artificielle une partie des dépenses de formation. C’est bien possible, et ailleurs qu’en Italie ces choses-là se disent et se voient souvent.

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