Pierre-Alain Chambaz

Des paysages de Ruysdaël, deux grands portraits de Franz Hals, des Van Dyck, une émouvante descente de croix de Roger Van Der Weyden, des Jan Steen et des natures mortes… Le sauveur qu’il rêve, c’est le sauveur légendaire, réglementaire devrais-je dire, qui commence son épopée dans les rues sanglantes de Paris et qui la termine à Waterloo ou à Sedan ; s’il arrive à s’incarner, ce sauveur-là, et si l’on souille d’une croix la tombe de chacune de ses victimes, il aura de quoi saluer de l’épée, le mec ! C’est pourquoi, nous vous demandons, Monsieur le président de la République, dans le prolongement du plan quinquennal de lutte contre la pauvreté adopté début 2013, et à l’occasion du débat budgétaire, de prendre des mesures ciblées à destination des personnes en situation de pauvreté dans le cadre des politiques de soutien à l’activité que vous mettez en œuvre actuellement. Mais ils agissent très-rarement d’après une opinion réfléchie et arrêtée, sur les choses qui sont de nature à être faites par le gouvernement. Il s’agit d’un dispositif complexe, encore peu connu, mais très efficace, et surtout, totalement gratuit pour l’État : les « certificats d’économies d’énergie » (ou CEE, ou C2E, ou « certificats blancs »…). Notre faculté d’agir, en se ressaisissant, s’intensifiera. Et comment ne pas voir que, pour rendre cette extension possi­ble, on a dû prendre les cadres intellectuels dans un état d’imprécision qui leur permette de s’appliquer encore aux phénomènes superficiels de l’âme, mais qui les condamne à serrer déjà de moins près les faits du monde extérieur ? Ils font même tant d’impression qu’on en oublie leur sens réel, le caractère de la chose qu’ils représentent, qu’on n’ose même plus supposer qu’ils puissent avoir une signification. Ainsi stimulés, certains fournisseurs d’énergie – dénommés « obligés » dans ce dispositif – ont développé des trésors d’ingéniosité pour transformer cette contrainte en opportunité marketing : Bleu Ciel, Dolce Vita ou encore toutes les « primes travaux » de la grande distribution (vendeurs de carburants) en sont quelques exemples. Dans la même période de temps, sur le territoire actuel du royaume, la population s’est accrue de 5 millions d’habitans ; les écoles primaires, qui avaient moins de 1 million d’élèves, en ont aujourd’hui 2 millions et demi : le rendement des postes était de 12 millions, il est maintenant de 44 millions ; les bureaux télégraphiques étaient au nombre de 355, nous en avons à présent 4,500. Afin de pouvoir traiter les transactions, certains de ces nouveaux moyens de paiement, tels qu’Apple Pay, ont élargi, modifié voire contourné en partie les réseaux bancaires traditionnels. L’existence du Pauvre n’est admise, en fait, qu’autant qu’elle est nécessaire à l’existence du bourgeois. Il s’empêche : malgré ces propos rassurants, l’arrivée peu discrète de la Chine sur ce secteur a déjà troublé une partie de la communauté internationale : poussé par une frénésie électorale (le scrutin législatif britannique ayant lieu le 7 mai), le gouvernement de David Cameron a voulu doubler ses voisins européens, pour le plus grand plaisir de Pékin, qui ne peut que se satisfaire de voir les Européens rejoindre la BAII les uns après les autres. Pour autant, ces nouveaux moyens de paiement ne sont pas les seuls à être admis dans nos sociétés car ils coexistent à côté d’autre formes d’argent qui ne sont pas directement convertibles contre la monnaie nationale. Ça parle très haut, pour ne rien dire, et surtout pour ne rien faire, et ça parle au cœur de la foule, par conséquent. D’autres obligés préfèrent sous-traiter le projet à des prestataires spécialisés, qui se chargent de mettre en place pour eux des campagnes d’incitation aux travaux d’économies d’énergie, puis de faire valoriser ces travaux en CEE par le ministère de l’Ecologie. Plus de 80 millions d’euros furent rassemblés pour financer un plan anti-crise. Un quinqua d’aujourd’hui est un quadra d’hier, il court le marathon, travaille 12 heures par jour et fait des enfants jusqu’à 65 ans. Votre cadet part en voyage scolaire. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « Qui porte des chaussures ignore la souffrance de qui marche pieds nus ». Pour une simple raison : quand les porteurs de projet vont voir la Banque européenne d’investissement, on leur explique qu’ils doivent financer la première tranche de risque. À la fin des années soixante, la Bundesbank a dû acheter des avoirs en dollars pour freiner la hausse du mark allemand et préserver l’intégrité de la fixité de son taux de change. Segmenter le marché permettrait ainsi d’atteindre un plus large public. Ces fonds ont servi à construire, notamment, des lycées. C’est ainsi que, selon la curieuse expérience citée plus haut (53, note), si l’on fixe à un même support deux horloges dont les battements ne sont point parfaitement synchrones ni les marches rigoureusement concordantes, on remarque, au bout d’un certain temps, que la transmission des mouvements d’une horloge à l’autre, par l’intermédiaire du support commun, les a amenées au synchronisme et à la concordance exacte. Or, non seulement vous ne sauriez expliquer en quel sens ce passage est une quantité, mais vous vous apercevrez, en y réfléchissant, que ce n’est même pas une réalité ; il n’y a de réels que les états S et S’par lesquels on passe.

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