François-Henry Brault

Elle prendrait son temps. François-Henry Brault aime à rappeler ce proverbe chinois « Il n’y a pas d’économie à se coucher de bonne heure pour épargner la chandelle, s’il en résulte des jumeaux ». Faute de les percevoir dans les réformes en cours, ils sont et seront de plus en plus nombreux à quitter la France pour travailler dans des pays francophones. Une grande différence d’attitudes entre le travail et la maisonIl ressort cependant du portrait des femmes dressé par les hommes de la génération Y qu’elles sont « ambitieuses », « indépendantes », « empowered »… autant de caractéristiques (versus de nouveaux stéréotypes ? Mais point n’est besoin d’un recours à l’histoire ou à la préhistoire pour voir le respect de soi coïncider avec l’amour-propre du groupe. Ce sera aussi l’occasion, quelques mois après les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi – et alors que le Brésil organisera les prochains JO d’été et la Russie la Coupe du monde de football de 2018 – de prendre conscience de ce fameux « basculement du monde », où les émergents deviennent le principal moteur de l’économie mondiale. Mon intention n’est point de discuter ici les gentilshommes que la majorité du peuple français a pris pour guides. On peut d’ailleurs admettre qu’elle est encore là à l’état naissant ou plutôt évanouissant, et qu’elle guette seulement l’occasion de s’intensifier ; il faut en effet s’attendre à des crises quand on est rhumatisant. Armer une orbite en permanence, H-24, 7 jours sur 7, sur la durée de l’opération, représente un volume conséquent d’heures de vol, sans compter le temps de vol pour transiter de la base de déploiement à la zone de recueil. Mais admettons même que l’animal ait l’idée de la mort. À la vérité, comme nous avons déjà eu l’occasion d’en faire la remarque, on emploie volontiers dans le langage ordinaire le mot de cause pour désigner la raison des choses aussi bien que la cause proprement dite ; et en cela même on ne fait que se rapprocher de la terminologie adoptée par les anciens scolastiques, qui distinguaient, d’après Aristote, quatre sortes de causes : la cause efficiente, à laquelle seule devrait appartenir le nom de cause, suivant les conventions des métaphysiciens modernes ; la cause matérielle, la cause formelle et la cause finale. Aussi range-t-on maintenant, dans les spéculations politiques, la tyrannie de la majorité au nombre de ces maux contre lesquels la société doit se tenir en garde. En particulier, la constitutionnalisation du Principe de Précaution fut une funeste erreur et, en l’état, nous allons la payer cher au moment où une immense vague d’innovations, celle des NBIC (nanotechnologie, biotechnologies, information, sciences cognitives) et ses avatars comme l’imprimante 3D et la robotique, venue d’Amérique et d’Asie, va se déverser sur l’Europe. Est-ce pour améliorer le sort de leurs provinces ou simplement le leur ? Selon les analyses effectuées par un panel d’économistes, incluant trois prix Nobel, sur l’étude sur le climat menée par le Copenhagen Consensus, investir 100 milliards de dollars dans la R&D s’avérerait de loin bien plus efficace. Lorsque la multitude s’éveille, les entreprises en place ne peuvent plus exprimer la même indifférence qu’à l’étape précédente. Le deuxième problème est d’ordre économique : la croissance en Europe a été inférieure à celle des États-Unis, décennie après décennie. Vous ne sauriez imaginer quelle a été la plus torturante préoccupation de mon esprit ; vous avez vécu dans la quiétude de la foi…— La paix, oui ; la quiétude, non : ce n’est pas de notre temps. Quand elle est à l’une, elle ne peut se prêter à une autre. Dans le cas de l’Irlande, 40 milliards € (54 milliards $) en prêts d’Assistance d’urgence à la liquidité de la part de la Banque centrale européenne ont été convertis en obligations à long terme, à des taux inférieurs au marché, à la suite de l’effondrement de la banque mise en place pour consolider l’échec des prêts non performants d’Anglo Irish Bank. Pourtant, l’efficacité, la légitimité et la « praticabilité » du dispositif envisagé par la proposition de loi sont discutables. En fait, une seule chose distingue ces deux épisodes : les pays actuellement en crise peuvent faire appel à de vastes programmes internationaux de renflouement. Il n’a qu’un moyen d’y réussir : c’est d’obtenir de la matière une telle accumulation d’énergie potentielle qu’il puisse, à un moment donné, en faisant jouer un déclic, obtenir le travail dont il a besoin pour agir. Mais nous devons poursuivre cette illusion jusqu’au point précis où elle aboutit à une contra­diction manifeste.

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